Les doutes existentiels.

04 avril


          J'ai toujours été une grande rêveuse. Comme la plupart des adolescents j'ai imaginé toute une vie pour mon futur. Aujourd'hui je suis heureuse, pas trop mal dans ma peau (mais ça on reparlera) et je vis une belle histoire d'amour. J'ai de la chance, oui. 

Mon problème majeur est, aussi rêveuse que je fusse, que je manque d'ambition. Par peur d'échouer, peur de ne pas me sentir à ma place. J'ai pourtant obtenu une Licence en Lettres Modernes, qui constituent les plus belles années d'études de mon existence, et un DUT Métiers du Livre et du Patrimoine, dont je garde un souvenir plus amer que doux. Il y a quelques années j'ai été embauchée comme Assistante Documentaliste dans un collège et j'ai appris à adorer les métiers de l'éducation, à éprouver un profond respect pour mes collègues professeurs et à aimer les élèves que je découvrais chaque jour sous un nouvel angle. Lorsqu'il fut temps de quitter ce CDD de deux ans j'étais très attristée. J'avais envie de retourner travailler au contact des élèves. Par chance je fus réembaucher tout de suite après, au même poste dans un autre collège. A nouveau pour deux années. 
Aujourd'hui j'arrive au bout de ma deuxième année, bien moins dépourvue que je ne le fus il y a deux ans. Et pour causes : je suis retournée en cours, en Master de l'éducation en vue de devenir, enfin, professeure-documentaliste. Il m'aura fallu trois ans pour oser sauter le pas et me dire "tu peux le faire, ne manque pas d'ambition". 
                Je suis heureuse dans cette formation qui bouscule mes idées préconçues et me conforte dans l'idée que je suis faîte pour être prof. Mais j'ai eu, certainement, les yeux plus gros que le ventre cette année. A trop vouloir en faire je me suis dispersée. 

                   Je travaillais en vingt heures en même temps que cette lourde formation, et j'ai eu la grande idée de vouloir déménager en cours d'année. Trop d'informations, trop de pression. 
Je suis allée aux épreuves sans vraiment être sûre de moi et à présent, je songe à ce que je vais faire si je ne suis pas admissible au concours.
                    Il y a une chose dont je suis certaine : je suis faîte pour ça, je veux être professeure documentaliste. Je le serai, peu importe le nombre de fois où je passerai ce maudis concours. Le redoublement fut difficile à admettre, moi qui ai passé brillamment ma Licence et me vantait d'être une Serdaigle dans l'âme... Mais n'est pas Cho Chang qui veut (j'ai voulu dire "Hermione Granger" mais ce n'aurait pas été cohérent... vu qu'il s'agit d'une Gryffondor vous voyez?). Je peux redoubler, je peux me donner une année supplémentaire et efficiente pour repasser le concours dans les meilleures conditions possibles : ce qui implique de ne plus travailler à côté, de ne plus me disperser. 

                         Je tiens à dire qu'admettre que je n'ai pas été au meilleur de moi même cette année n'a pas été facile pour moi. Ma fierté en a pris un coup, mais je suis sur le chemin de l'acceptation. Mon conjoint est un soutien sans failles, nous traverserons cela ensemble.
                           Je suis passée par un tas de doutes existentiels : "ai-je vraiment ma place?" "est-ce que je ne me sabote pas moi-même?" "pourquoi est-ce que je fais vivre ça à mon amoureux?" ... Ce genre de questions qui vous hantent et ne vous lâchent pas.  Je crois que si j'avais été moins bien accompagnée durant cette année j'aurais abandonné.

                             Je pense que cette remise en question, ce retour à une certaine humilité aura été bénéfique, j'espère juste pouvoir, un jour, trouver l'équilibre entre prudence et ambition... 

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